DEAUVILLE 9 et 10 : Deauville tout neuf et tout finix, par Didier Allouch  posté le lundi 10 septembre 2007 20:04

 

Ma Maman, un teckel, Eva Mendes, des Danois, une plage sans chien, la seule ville au monde où on peut croiser dans la même journée un blogger méga à la bourre en costard et son patron avec de grosse lunettes violettes sur le nez, c’est Deauville, c’est le 33ème festival et c’est fini.

Entre un débateur bègue, un papa triste, un vagin édenté, une superstar piquouzée,  des new-yorkais névrosés (pléonasme), des Français qui parlent mal anglais (re-pléonasme), des Coréens très sexués, des acteurs nuls flippés (re-re-pléonasme), une serveuse déprimée, une fan de roulette russe et une jeune fille morte, le jury du 33ème festival a choisi la demoiselle mal en point… Dead Girl a remporté le grand prix du festival.


Perso, j’aurai pu filer le prix du « film anti-guerre qui donnent envie de voter Bush tellement c’est mal foutu » à Redacted de Brian De Palma, celui du « j’aimerai bien mais je suis pas Soderberg » à Tony Gilroy le réal de Michael Clayton, celui de « mais putain, ils vont arrêter de causer et ils vont les dégainer leurs flingues » à L’Assassinat de Jesse James blablabla, et celui de « comment on a fait pour être aussi drôle avant et aussi bête maintenant » aux frères Farrelly.


Mais mon prix tout special, celui du « mais qu’est-ce qui fout sur le tapis rouge cet imbécile », je le filerai à l’idiot sur le tapis rouge avec ses cravates à 2 balles. Qu’est-ce qu’il a pu en dire comme conneries…

lien permanent

La palmarès  posté le lundi 10 septembre 2007 09:48

 

GRAND PRIX : THE DEAD GIRL de Karen Moncrieff

PRIX DU JURY : NEVER FOREVER de Gina Kim

PRIX DU JURY DE LA REVELATION CARTIER : ROCKET SCIENCE de Jeffrey Blitz

  

PRIX DE LA CRITIQUE INTERNATIONALE : GRACE IS GONE de James C. Strouse

COUP DE CŒUR CANAL PLUS DU MEILLEUR DOCUMENTAIRE : THE WAR de Ken Burns & Lynn Novick

PRIX MICHEL D’ORNANO : LA VIE D’ARTISTE de Marc Fitoussi

lien permanent

Oz tu oseras  posté le vendredi 07 septembre 2007 10:05

7 h du matin. Le Royal dort encore. Pas les Affleck Boys. Ben et Casey décollent. Direction Toronto. Terminé les interviews, le tapis rouge, les questions sur la pédophilie. Ben a sagement assisté à la projection de son film, tel un garnement n'ayant pas le droit d'aller jouer sur le sable. Il a ainsi pu sentir l'émotion monter, la tension croître, les réactions qui lui remontèrent le long des jambes avant de venir lui réchauffer le coeur. C'était mercredi soir. Tant et si bien que ragaillardi par cet accueil le Ben fut bien plus détendu pour affronter, le lendemain, la ronde des journalistes. La séance de torture passée. Il demanda à aller se recueillir sur les tombes des GI's tombés en 1944. On lui apprit qu'à 17 h, le cimetière de Colleville est fermé. Qu'importe l'acteur s'en est allé avec son garde du corps. Arrivé devant la grille, un homme s'empressa de lui ouvrir sans oublier les salamalèques de rigueur eu égard au rang du visiteur. Entre Deauville et Colleville le téléphone n'avait pas arrêté de servir de relai entre les uns et les autres. Le cimétière étant propriété des Américains, les officiels s'étaient agités. 

Sur le plan ambiance, il n'y avait pas de quoi sauter au plafond en ce jeudi 6. Juste un film d'horreur à flanquer la frousse à des rangées entières et un Never Forever tripotant les flancs de l'adultère sous le regard débridé d'une jeune Coréenne Gina Kim. La responsable de ses incartades matrimoniales, Vera Farmiga, une ukrainienne d'origine, fan de Tchevchencko (ballon d'or), joueuse de foot à ses heures. Une blonde à la sensualité touchante, vue dans les bras de Leonardo DiCaprio, dans les draps de Matt Damon, car Infiltrés dans le monde de Scorsese.

Jeudi soir, Mister de Palma était vu à une projo, puis en train d'embrasser sans compter la belle Vera, la veille il s'était glisseé à la table des Affleck. Sacré Brian ! Quelques festivaliers se traînaient entre la Villa Cartier et les machines à sous. Comme désabusés. Attendant la piqûre de rappel d'un week-end placé sous le signe de la rigolade. Avec Frank Oz à la baguette, auteur de Joyeuses Funérailles à se rouler par terre. Deauville sera always Deauville. Pour l'anecdote qui n'en est pas une, le grand Lumet débarque. Eva Mendes itoo, sans parler des auteurs de Meet the Robinsons. Et hop ! 

 

Gwen Douguet 

 

lien permanent

Deauville 7 – 7 à Deauville, par Didier Allouch  posté le jeudi 06 septembre 2007 18:00

Des Coréens qui niquent, des Deauvillais qui dînent, des New-yorkais qui crient, la seule ville au monde où on peut croiser dans la même journée la femme du maire et la mère de ma femme, c’est Deauville et c’est le 7e jour du Festival.

 

Il était nerveux le Ben Affleck hier sur le tapis. D’habitude quand j’interviewe l’ami Ben, il arrive toujours à sortir une connerie, à balancer une vanne, presque à me faire rire (presque, hein, faut pas déconner, quand même), mais hier soir, c’était son premier tapis en tant que metteur en scène, et il était méga-stress… J’ai donc bien essayé de le détendre le coco (je lui ai raconté des blagues – c’est Paf le chien qui traverse la route. Paf le chien… , je lui ai même fait des grimaces, des mimes ou encore l’alphabet en pétant) rien n’a marché. Par contre, les dix minutes d’applaudissement debout de la salle à la fin du film, ça, ça l’a fait grave. On l’a vu à 3 h du mat sur les planches dansant à poil la Lambada avec Anne D’Ornano. Deauville, c’est classe…

Didier Allouch

lien permanent

Les Affleck boys on the tapis red  posté le mercredi 05 septembre 2007 22:08

Day six. Deux motards ouvrent la voix. Neuf caisses rutilantes aux couleurs du Festival suivent. Dans la cinquième Ben Affleck, dans celle d'avant ils ont Casey son frère. Les Affleck boys sont de sortie. Venus en duo pour Gone Baby gone, premier film réalisé par l'aîné. L'homme qui se prit pour Daredevil, pris le manche de Pearl Harbor, sauva le monde dans Armageddon, porte une cravatte bleue. Le sourire est brillant et dissimule à peine une trouille de la même couleur que la cravatte. C'est son baptême du feu. Personne n'a vu le kidnapping de son héroine et les conséquences qui en résultent. Ben a puisé son inspiration dans l'un des romans de Dennis Lehane, l'auteur de Million Dollar Baby. Ben est tendu, crispé. On le serait à moins. Pour se décrisper, il signe des autographes, salue le public. Didier Allouch est aux commandes. Grand maître de cérémonie, habitué aux fastes cannois, aux frasques des Oscars, il s'est avancé pour poser ses questions. Détendu comme d'habiture. Pro jusqu'au bout de chaque mot. Pour Dérider l'atmosphère.

Au loin, de vieilles voitures d'un autre siècle défilent dans l'indifférence générale. Sur le tapis rouge, on note la présence de George Hickenlooper dont le Factory Girl remanié - quinze minutes en plus de la version américaine - a été présenté en compétition quelques heures auparavant. Sur la liste des invités figurent également les noms de Vera Farminga, vue dans Les Inflitrés de Scorsese, celui de Cyrielle Claire pimpante, guillerette, vue il y a des lustres sur un écran, celui d'André Halimi père fondateur de la manifestation voilà trentre- trois ans et de quelques autres.

 

Mercredi 5,  jour suivant la rentrée scolaire. L'atmosphère est calme. Les planches se reposent. Aux abords du Royal, quatre chaises pliantes d'un côté, pas plus de l'autre. Autant dire rien. Ailleurs le désert. Personne devant le Normandy. Quelques vieilles rombières aux machines à sous. La foule s'en est allée, les badauds ont déserté. A croire que les Affleck ne font pas recette. Dans le hall des palaces, pas la plus petite panique. On se croirait à Cannes, le Festival achevé. 
Sur les écrans, les images du The War de Ken Burns et Lynn Novick viennent bombarder les esprits, dynamiter l'optimiste ambiant. On y voit, au milieu de mille horreurs, de témoignages de GI rescapés, d'archives bouleversantes, des images de Caen bombardée, réduite en cendres. Saisissant. Et dire que demain est un autre jour.  
 
Gwen Douguet 
lien permanent