FESTIVAL
Quoi qu'il fasse Lionel Chouchan adore, fonce, applaudit. Son regard bleu laser l'envoûte et il n'est pas le seul. Qu'il campe un bon où la pire des ordures ensorcelle, comble, ravit. Le co-fondateur du Festival de Deauville a enfilé son costume de fan pour recevoir Ed Harris. Pour rendre hommage au l'acteur, au réalisateur, Jean-Jacques Annaud est de la fête. Avec ses mots, sa façon de raconter, son charme, en français, en anglais, le cinéaste de Stalingrad a narré sa toute première rencontre. De l'ouverture de la porte à la fin de l'entretien. Il cherchait son tireur d'élite allemand. Ed est arrivé, n'a pas ouvert la bouche, pas esquisser le moindre clignement d'oeil, pas sourciller. Un non, un oui et le rôle était à lui. La I.A.F.T - l'immense amicale de vos fans tricolores, expression inventée par ce blagueur de Chouchan - était aux anges.
Ed et le cinéaste à la chevelure toute blanche se sont jetés dans les bras l'un de l'autre. Ed l'a soulevé, J.J a gigoté. Puis Ed a remercié, s'est dit honoré. Emu, la larme à portée de ses yeux, Ed a parlé la vie, du cadeau qu'elle représente, le fait qu'elle file, devient de plus en plus chère. "Je ne suis jamais plus vivant que quand je joue. Le jeu m'aide à vivre et la vie nourri mes rôles". Sous l'emprise d'une réelle émotion il a déclaré tout son amour à sa femme, l'a couverte de fleurs. Et puis il appelé sur scène Viggo Mortensen, son "ami". Le tandem est sur les planches pour présenter Appaloosa. Ed l'a mis en scène, joue aux côtés du Roi de Tolkien. Les deux dégainent, redonnent des couleurs au western.
En ce samedi 13 septembre, ce sont eux les héros du jour. Ils ont même éclipsé un John Malkovich passé en coup de vent pour un Echange Eastwoodien. Pendant toute la journée Viggo n'a cessé de parler à l'occasion de son équipe fétiche de foot, des joueurs d'une ville d'Argentine. Il a même accroché le drapeau aux couleurs rouge et bleue à la fenêtre de sa chambre d'hôtel. Royal le gars.
Veille de dernière journée, le festivalier a pris une claque avec War Child, un docu coup de poing sur la vie incroyable d'un enfant soldat du Soudan devenu rapeur de renom. Emmanuel Jal. La veille le même festivalier a entendu Julien Doré chanter, se prendre pour Sinatra, donner de la voix. Il était là pour une soirée de Gala, le journal. Que dire de plus...
Demain dimanche tout sera fini.
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