Crédit : Gemini
Films
Fille d'un gouverneur colonial en Outre-Mer, Marie-France Pisier
voit le jour le 10 mai 1944 dans les lointaines contrées
indochinoises. Adolescente, elle débarque en France, plus
précisément à Nice où elle suit des
études de droit et de sciences politiques, tout en
s'adonnant au théâtre au sein d'une troupe amateur.
Elle est découverte par François Truffaut grâce
à une photo qu'elle envoie au casting d'
Antoine et
Colette, segment que le réalisateur tourne pour le
film à sketches
L'Amour à vingt ans,
segment qui sera aussi la première des aventures
sentimentales de son personnage fétiche Antoine Doinel.
Marie-France Pisier sera donc Colette, le premier amour de Doinel,
qui réapparaîtra seulement dans le dernier
épisode,
L'amour en fuite, en 1979.
Entre-temps, la jeune actrice gagne ses galons de
célébrité montante en tournant coup sur coup
dans trois films signés Robert Hossein :
La mort
d'un tueur,
Les yeux cernés et
Le vampire de Düsseldorf. Mais, plus que ses
rôles chez Alain Robbe-Grillet ou Charles Belmont, c'est la
télévision qui lui apporte la popularité avec
le feuilleton «Les gens de Mogador».
En 1974, elle sort enfin du carcan de «jeune fille
sage» qui la poursuivait un peu en s'orientant
délibérément vers le cinéma d'auteur.
Premier coup d'éclat :
Céline et Julie vont
en bateau de Jacques Rivette. Un film auquel elle
participe à l'écriture, comme elle le fera trois ans
plus tard pour
L'amour en fuite. Un an plus tard,
elle reçoit le César du Meilleur second rôle
féminin pour
Souvenirs d'en France
d'André Téchiné. Mais c'est une comédie
sympathique, quoique a priori anodine, qui la consacre sur la
scène internationale :
Cousin, cousine de
Jean-Charles Tacchella, est un succès considérable
(à son échelle) aux Etats-Unis, symbole du
raffinement et de l'élégance sentimentale du
cinéma français pour nos cousins d'Outre-Atlantique.
La comédienne tourne alors quelques films aux Etats-Unis et
en Angleterre, dont la grande épopée sentimentale sur
fond de Seconde Guerre mondiale
The Other Side of
Midnight ou, un peu plus tard,
Chanel
Solitaire. Le succès reste tout relatif.
La France lui est décidément acquise : Elle
décroche un Second César du Meilleur second
rôle un an plus tard pour
Barocco, du
fidèle Téchiné, et, en 1978, elle devient, aux
côtés d'Isabelle Huppert et d'Isabelle Adjani, une des
Sœurs Brontë dans le film...
d'André Téchiné.
Après dix ans consacrés au cinéma d'auteur,
Marie-France Pisier va gagner les faveurs du grand public en
tournant, aux côtés de Jean-Paul Belmondo, dans le
trépidant
L'as des as de Gérard
Oury. Elle est aussi une provocatrice sans scrupule dans le
pamphlet précurseur de la
télé-réalité
Le Prix du
danger d'Yves Boisset. La fin des années 80 et le
début des années 90 voient pourtant la
comédienne se faire nettement plus rare sur les
écrans pour une raison simple : elle, l'intellectuelle qui
fut marié un temps au grand avocat Georges Kiejman (dont
elle a eu un fils), se lance dans une carrière
d'écrivain : elle publie deux romans,
Je n'ai
aimé que vous et
Le bal du gouverneur, un
ouvrage largement autobiographique qu'elle adaptera elle-même
au cinéma en 1990 avec, dans les rôles principaux,
Kristin Scott-Thomas, Didier Flamand et Laurent
Grévill.
Années 90 en demi-teinte pour la comédienne, qui
apparaît dans l'ensoleillé
Tous les jours
dimanche de son complice Jean-Charles Tacchella, et
surtout dans le
Marion de Manuel Poirier, dans
lequel elle se prend d'affection pour une petite fille vivant dans
le village où se trouve sa maison de campagne. Sans oublier
le casting prestigieux du
Temps retrouvé,
évocation de Proust par Raoul Ruiz, qui la fera tourner
à nouveau dans le très complexe
Combat
d'amour en songe.
En 2002, l'actrice décide de retourner derrière la
caméra, mais se brûle un peu les ailes dans
Comme un avion, dans lequel elle incarne une femme
malade qui fait croire à sa fille qu'elle part en voyage.
C'est alors qu'une nouvelle génération de
cinéastes semble redécouvrir l'actrice au rire et
à la voix si particuliers : Laurence Ferreira Barbosa lui
confie un rôle dans
Ordo, et, surtout,
Christophe Honoré et Maïwenn Le Besco en font une
mère, aimante pour le premier, possessive et
hystérique pour la seconde, dans
Dans Paris
et
Pardonnez-moi. La redécouverte d'un
talent étincelant un tantinet négligé est une
surprise des plus agréables pour tous les
cinéphiles...
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