CharlElie Couture (Deauville 2007) posté le lundi 27 août 2007 13:10

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Enfant de la Lorraine (il est né le 26 février 1956 à Nancy) et fils d'un antiquaire qui transmettra son amour de l'art sous toutes ses formes à ses enfants, Bertrand Couture (il ne deviendra Charles-Elie, puis CharlElie, qu'à l'adolescence) crée des petits spectacles avec son frère Jean-Thomas (dit Tom) et sa soeur. Il apprend le dessin en même temps que l'écriture, et le piano à 7 ans avec sa grand-mère. A l'âge de 13 ans, il découvre la guitare. Adolescent, il décide d'opter pour le cinéma, et, avec son frère, il réalise des petits films en Super-8.

Finalement - et très logiquement - le jeune homme s'oriente vers l'école des Beaux-Arts, toujours à Nancy, avec toujours pour but de devenir réalisateur.  Pour vivre, il écrit quelques chansons, puis s'adonne à la peinture, mais revient finalement à la chanson avec un album édité à très peu d'exemplaires et qui, pourtant, se retrouve sur la play-list d'Europe 1. C'est le début d'une ascension fulgurante dans le néo-rock français, dont le grand public connaîtra surtout le sommet de l'iceberg avec le tube Comme un avion sans ailes. Il est alors le premier chanteur français signé sur le label américain Island.

Signataire de vingt-trois albums qui oscillent du rock au blues en passant par la chanson dépouillée et un univers de collages technoïdes, CharlElie Couture a donné mille cinq cents concerts à travers le monde. Rocker-poète à l'univers drôle et mélancolique, à la voix traînante, Couture est inspiré par l'urbanité, par l'univers à la foix anonyme et excitant de la ville.

Au cours de sa carrière, il a également composé pour le cinéma (une quinzaine de BO), adapté les chansons de Randy Newman pourToy Story et joué dans une poignée de films (dont Suivez mon regard), mais beaucoup moins que son frère, également homme aux multiples talents, Tom Novembre.

On connaît moins - en tout cas en France - ses talents de peintre et de plasticien. Très précoce, il organise sa première exposition à 15 ans, chef de file d'un mouvement appelé «Multisme». En 1981, il crée le groupe d'artiste «Local à louer» et écrit le «Manifeste de l'Art Rock». Chantre de la culture pop, son aspiration première est de remettre en cause la perception du rôle de l'artiste dans la société.

Après trente années d'expositions en France, en Suisse et en Belgique, il pose ses bagages à New York en 2004 pour développer ses expériences visuelles et musicales.
Egalement romancier, CharlElie Couture a par ailleurs écrit une quinzaine d'ouvrages et d'essais, entre romans et carnets de voyage.
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Nicolas Cazalé (Deauville 2007) posté le lundi 27 août 2007 12:50

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Crédit : Pyramide Distribution

Discret, et modeste, le jeune Nicolas Cazalé, originaire du Sud-Ouest (il est né à Pau en 1977), débute sa carrière à la télévision en apparaissant dans certaines séries télévisées telles que Louis Page, Julie Lescaut, Carnets d'Ados, Les P'tits Lucas.

Il fait ses premiers pas sur le grand écran en 2001 avec Bella Ciao, son premier long métrage. Son côté sombre et sa grande retenue séduisent les réalisateurs qui pensent à lui pour incarner d'ombrageux personnages. On le découvre véritablement chez Gaël Morel, qui lui confie les rôles principaux des Chemins de l'Oued et surtout du Clan, intense drame familial dans lequel le personnage joué par Nicolas essaye de trouver sa place dans un univers machiste et violent. 

Le Grand Voyage lui permet d'aller dans une direction un peu plus légère, même si ce voyage d'un père et son fils à La Mecque est aussi une véritable odyssée psychologique. La Mecque, Nicolas Cazalé la retrouve (du moins dans le titre) à l'occasion d'un autre pélerinage orchestré par Coline Serreau, Saint-Jacques La Mecque, dans laquelle il fait partie d'un groupe de randonneurs partis pour Saint-Jacques de Compostelle. Ce seront ses premiers vrais débuts dans le registre plus léger de la comédie, qu'il explore, toujours avec une certaine retenue, dans le très champêtre Le Fils de l'épicier d'Eric Guirado, dans lequel il incarne Antoine, un personnage finalement assez proche du caractère de l'acteur. Il était nettement plus trouble et vénéneux sous le soleil noir d'UV

Comme quoi le jeune comédien, d'une foudroyante beauté, a tous les matériaux pour se forger une belle carrière...
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Xavier Beauvois (Deauville 2007) posté le lundi 27 août 2007 12:42

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Crédit : TCD

Enfant du Nord et de la classe ouvrière, Xavier Beauvois, né le 20 mars 1967 à Bruay-en-Artois, décide très jeune de transcender sa destinée en se tournant vers sa passion de toujours, le cinéma. Au cours d'une conférence, il fait la rencontre de Jean Douchet, fameux historien du cinéma, compagnon de route des jeunes Turcs de la Nouvelle Vague et également réalisateur à ses heures. Le vétéran, touché par la personnalité et le caractère du jeune homme, aidera celui-ci à effectuer ses premiers pas à Paris, comme à rencontrer le grand critique Serge Daney, qui contribuera à confirmer les désirs cinématographiques du jeune homme.

Passionné jusqu'à la fièvre, Beauvois décroche le Prix de Rome section cinéma, puis tourne son premier (et unique à ce jour) court métrage, Le matou (1986), qui se déroule dans une cellule de prison. Il devient ensuite assistant réalisateurs, notamment pour André Téchiné (Les innocents) et Manoel de Oliveira. Michel Béna, jeune réalisateur qui débute alors (et décédé très jeune), lui confiera un des premiers rôles du Ciel de Paris, avec Sandrine Bonnaire.

Mais entre-temps, Xavier Beauvois est passé à «action». En 1991, il réalise son premier film, Nord, chronique familiale douloureuse (qui s'inspire largement de sa propre vie, et ce n'est pas pour rien qu'il en tient le rôle principal), confrontation brutale entre un fils et son père alcoolique. Le film sera nommé aux César. Si l'écho critique est très bon, qui voit en Beauvois le digne héritier de Maurice Pialat, l'accueil public est beaucoup plus nuancé. Alors en attendant de continuer sur sa voie, le jeune réalisateur taciturne, hors des modes et des courants, accepte de faire un peu l'acteur (Aux Petits Bonheurs de Michel Deville) avant de tourner son deuxième long, N'oublie pas que tu vas mourir, avec Roschdy Zem dans son premier grand rôle et Chiara Mastroianni. Le récit d'une jeune homme (à nouveau joué par Beauvois) qui, se découvrant séropositif, va faire l'expérience, en très peu de temps, du spectre de la vie : la drogue, l'amour, la guerre. Présenté en Sélection officielle à Cannes, le film est hélas boudé par la critique, puis par le public.

Toujours comédien intérimaire, notamment chez Jacques Doillon (le père de Ponette), Bernard-Henri Lévy (Le jour et la nuit) ou Philippe Garrel (Le vent de la nuit), c'est finalement avec son troisième film, Selon Matthieu (dans lequel il n'apparaît pas) que Xavier Beauvois va rencontrer le public. Plus accessible, ce film raconte comment un jeune ouvrier (Benoît Magimel) va tomber amoureux de la femme de son patron (incarnée par Nathalie Baye).

Nouveau succès avec Le Petit lieutenant, pour lequel Xavier Beauvois retrouve Nathalie Baye, à qui il confie le rôle d'une inspectrice de police alcoolique qui va s'attacher à une jeune recrue (Jalil Lespert). Un polar à la fois sanguin et psychologique, sélectionné au Festival de Venise.

A 40 ans, Xavier Beauvois semble avoir enfin trouvé sa vitesse de croisière.

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