Les jurys du 33e Festival de Deauville  (Deauville 2007) posté le lundi 27 août 2007 16:46

LE JURY PALMARES

Président du Jury

André Téchiné 

Membres du Jury

Odile Barski

Xavier Beauvois

Nicolas Cazalé

CharlElie Couture

Emilie Deleuze

Anouk Grinberg

Marie-France Pisier

Yasmina Reza 

 

LE JURY REVELATION CARTIER

Président du Jury 

Gaël Morel

Membres du Jury

Clotilde Hesme

Mélanie Thierry

Florian Zeller 

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Les Docs de l'Oncle Sam  (Deauville 2007) posté le lundi 27 août 2007 16:35

Sicko, de Michael Moore


Cette année, neuf documentaires se partageront l'honneur d'être, pour la plupart, découverts au festival de Deauville.

 

Annie Leibovitz, Life Through a Lens, de Barbara Leibovitz
La photographe de renom Annie Leibovitz a décidé de dévoiler, devant la caméra attentive de sa jeune soeur, son processus artistique, son parcours personnel et sa méthode pour allier avec intelligence travail et vie de famille.


Brando, de Leslie Greif
Ce portrait inédit tente de percer le mystère de celui qui reste une des icônes incontournables du septième art : Marlon Brando. On connaît de lui sa voix inimitable, sa beauté qui a marqué les standards d'une époque ; on se rappelle sa présence extraordinaire devant la caméra et l'excentricité du personnage qu'il était devenu à la fin de sa carrière. On connaît peu l'homme, la personnalité qui se cachait derrière ce talent immense.

 

Cocaine Cowboys, de Billy Corben
Le commerce de la cocaïne durant les années 70 et 80 a laissé une empreinte indélébile sur la ville de Miami. Les trafiquants et les dealers ont transformé à jamais cette cité endormie en un des lieux les plus branchés au monde, qui rapportait chaque année 20 milliards de dollars au cartel colombien de Medellin.

 

Crazy Love, de Dan Klores
L’incroyable histoire de la relation obsessionnelle entre Burt et Linda Pugach, qui choqua toute l’Amérique ors de l’été 1959. Burt, un avocat marié de 32 ans, et Linda, une belle jeune femme célibataire de 20 ans habitant dans le Bronx, ont vécu une romance tourmentée qui a atteint son paroxysme lors d’actes violents et d’une rare complexité psychologique.

 

Nanking, de Bill Guttentag et Dan Sturman
Deux ans avant que la Seconde Guerre Mondiale ne débute officiellement, lors de sa campagne de conquête de la Chine, l’armée japonaise envahit la ville de Nanking, alors capitale de la Chine. S’ensuit une vague de meurtres et de viols sur la population sans précédent. En plein coeur du carnage, un petit groupe d’occidentaux va risquer sa vie afin d’établir une zone de sécurité.

 

Sicko, de Michael Moore
Michael Moore mène une enquête sans concession sur le système de santé américain. Ce dernier est en plein marasme car non seulement 47 millions de citoyens n'ont aucune couverture médicale, mais des millions d'autres, pourtant bénéficiaires d'une mutuelle, se heurtent systématiquement aux lourdeurs administratives du système.

 

The War (La guerre), de Ken Burns & Lynn Novick
L’histoire de la Seconde Guerre Mondiale à travers le récit personnel d’une poignée d’hommes et de femmes originaires de quatre villes américaines. Le film explore les aspects humains les plus intimes du plus grand cataclysme de l’Histoire, et démontre qu’en des temps extraordinaires, aucune vie n’est ordinaire.

 

When the Levees Broke : A Requiem in Four Acts, de Spike Lee
Un an après le passage de l'ouragan Katrina qui dévasta La Nouvelle-Orléans le 29 août 2005, Spike Lee est le premier artiste américain à revisiter les lieux de la catastrophe. Son documentaire aborde de front toutes les controverses suscitées par l'absence de préparation sur place, puis par l'inefficacité des secours et des autorités locales et fédérales.

 

Who the Fuck Is Jason Pollock ?, de Harry Moses
Après avoir acheté un tableau cinq dollars chez un brocanteur, un ami de Teri Horton lui suggère qu’il pourrait bien s'agir d'un authentique Jackson Pollock, qui vaudrait plus de 50 millions de dollars. Dorénavant, armée d’une pléthore d’avocats et d’experts, Teri va tout faire pour prouver au monde impénétrable de l’art qu’elle est bien la propriétaire d’une peinture du célèbre artiste.

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Gaël Morel, Président du Jury Révélation Cartier  (Deauville 2007) posté le lundi 27 août 2007 16:29

Crédit : TCD


Alors qu'il grandit dans les environs de Villefranche-sur-Saône (il y est né le 25 septembre 1972), au milieu d'une famille d'ouvriers soudée, Gaël Morel se démarque par son inextinguible passion pour le cinéma, fasciné par Catherine Deneuve et fanatique du cinéma d'André Téchiné. Au cours d'une rétrospective consacré à celui-ci, à Lyon, l'adolescent parvient à rencontrer le réalisateur, avec lequel il va entamer une correspondance. Mais c'est dans son coin et avec ses propres moyens que Gaël Morel va tourner alors son premier court métrage en vidéo, avec Gérald Thomassin (le héros du Petit Criminel de Jacques Doillon) dans le rôle principal. Son second court, plus abouti, La Vie à rebours, met en vedette un certain Stéphane Rideau, recontré au cours d'un casting organisé par André Téchiné.


Car ce dernier, en préproduction des Roseaux sauvages, a proposé à Gaël Morel de passer devant la caméra et de tenir l'un des rôles principaux du film, chronique adolescente sur fond de Guerre d'Algérie. Il y incarne François, adolescent mal dans sa peau, pris en étau entre les tourments lointains de la guerre et l'acceptation de son homosexualité. Devenu comédien un peu malgré lui, Morel acceptera, un an plus tard de jouer un étudiant brimé par ses pairs dans Le plus bel âge... de Didier Haudepin. Mais la mise en scène le taraude, et il tourne son premier film à l'âge record de 24 ans : A toute vitesse tisse les histoires d'amour croisées de quatre adolescents, dans la fièvre des premiers émois amoureux et artistiques. On y retrouve encore Stéphane Rideau, mais aussi Elodie Bouchez, qui avait tourné dans Les roseaux sauvages.

 

Après «Premières neiges», un téléfilm réalisé pour Arte, Morel part tourner Les Chemins de l'Oued en Algérie. Un film qui lui permet d'allier ses thèmes favoris : le malaise identitaire, les rapports de classe, le déracinement. Le succès n'est pas exactement au rendez-vous, mais Le Clan, un récit éclaté, magnifiquement mis en scène, sur le destin brisé de trois frères, devient un incontournable des festivals dans le monde entier. Un peu marginalisé par ses partis pris sensualistes (il est très attaché au corps masculin), Gaël Morel effectue un revirement avec Après lui, récit du deuil impossible d'une mère qui reporte l'affection pour son fils décédé sur le meilleur ami de celui-ci, pourtant responsable de l'accident. Avec Catherine Deneuve, son idole, dans le rôle de la mère, la boucle d'une vie passionnée et dévouée pour le cinéma est bouclée.


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André Téchiné, Président du Jury  (Deauville 2007) posté le lundi 27 août 2007 16:19

Crédit : TCD

Une enfance provinciale sans histoire, une adolescence passée au sein d'un collège religieux qui ne lui permet de sortir que le dimanche après-midi : rien de tel pour forger l'âme d'un cinéphile, profitant de la moindre faille dans son emploi du temps pour hanter les cinémas de sa ville... et le convaincre qu'il en fera aussi son métier. 

André Téchiné, né le 13 mars 1943 à Valence d'Agen, commence par publier des premiers écrits dans une revue étudiante, La plume et l'écran, puis, à 20 ans, gagne la capitale pour y suivre des études de lettres et entrer à l'Idhec, prestigieuse ancêtre de la Femis. En 1964, il débute aux Cahiers du Cinéma en écrivant à propos de La Peau douce de Truffaut. Téchiné contribuera à la prestigieuse la revue pendant trois ans, réalisant parallèlement un premier court métrage au sein de l'Idhec, Les Oiseaux anglais (1965). Il fait alors la rencontre de Bulle Ogier tandis en travaillant comme assistant sur Les Idoles, et engage la toute jeune comédienne sur son premier film, Paulina s'en va, qui suit le parcours d'une jeune femme rétive aux carcans de la vie contemporaine (un foyer, un asile, une maison close). Présenté au Festival de Venise en 1969, le film ne sortira pourtant à Paris qu'en 1975, après Souvenirs d'en France, son second film, chronique d'une famille d'immigrés espagnols avec notamment Jeanne Moreau et Marie-France Pisier, laquelle décroche le César du Meilleur Second rôle féminin.

Jeune réalisateur ambitieux, tant dans la mise en scène, épurée mais rigoureuse, que dans les scénarios, souvent à la limite de l'éthéré, André Téchiné, indéfectiblement soutenu par la presse intellectuelle, a désormais tout loisir de se consacrer à un projet autrement fou : Barocco, avec Isabelle Adjani et Gérard Depardieu. Un film aux confins du surréalisme, dont le point de départ est un meurtre pendant une campagne électorale. Elégant, racé, un rien maniéré, le film surprend, déconcerte ou emballe sans mesure.

Retour à un cinéma plus classique avec Les sœurs Brontë, évocation des fameuses écrivaines anglaises incarnées par Marie-France Pisier, Isabelle Huppert et Isabelle Adjani, alors trois des plus célèbres comédiennes françaises du moment. une manière de célébrer la femme, sujet de prédilection du cinéaste, fasciné par la féminité et d'ailleurs excellent directeur d'actrices, même des plus complexes, telle Catherine Deneuve dans le troublant Hôtel des Amériques en 1981, évocation en huis clos de la rencontre entre un homme et une femme dans un hôtel au bord de la mer. Entre Téchiné et Deneuve, une longue histoire de cinéma commence...

Mais c'est pourtant Rendez-vous, en 1985, avec Juliette Binoche et Lambert Wilson, qui procure au cinéaste son premier vrai grand succès critique (Prix de la mise en scène à Cannes) et populaire. Une histoire d'amour et de sexe entre un employé d'une agence immobilière et une jeune actrice, qui déborde largement des carcans habituels.
Par la suite, si Le Lieu du crime, polar fébrile et sensuel, installe définitivement Téchiné dans le cercle resteint des cinéastes à la fois prestigieux et populaires, Les innocents, évocation âpre et lyrique d'une jeunesse en déshérence avec Sandrine Bonnaire, reste l'un de ses films les moins connus. Ce qui n'est pas le cas de J'embrasse pas, parcours initiatique d'un provincial confronté au monde de la prostitution masculine parisienne, et gros succès au box-office. C'est aussi son premier film avec Emmanuelle Béart, qu'il fera désormais tourner régulièrement. Enfin, Ma saison préférée fait l'ouverture du Festival de Cannes en 1993 et donne à Marthe Villalonga (la mère) son plus beau rôle. Qui l'eut cru ?

Mais l'apogée du cinéaste arrive un an plus tard avec une évocation de sa propre jeunesse, tournée avec des acteurs alors inconnus (Gaël Morel, Stéphane Rideau, Elodie Bouchez). Entre les émois amoureuxes et la menace sourde de la guerre d'Algérie en arrière-fond, Les roseaux sauvages permet à Téchiné de se livrer dans un subtil, charnel et émouvant jeu de miroirs. Il reste son film le plus célèbre à ce jour, lauréat du César du Meilleur film et révélateur d'une nouvelle génération de comédien.
Les voleurs, avec Catherine Deneuve en alcoolique lesbienne, et Alice et Martin, avec Juliette Binoche, marquent un peu moins les esprits, surtout le second, un des rares échecs commerciaux du cinéaste. Lequel s'en remettra en tournant, en numérique, Loin, qui entraîne un jeune routier à Tanger où il vit une relation tumultueuse avec une jeune Marocaine. Un joli film plein de lumière, que suit bientôt une nouvelle exploration du passé - l'exode de 1940 -, Les égarés, co-écrit avec son scénariste fétiche Gilles Taurand, dans lequel Emmanuelle Béart, en jeune mère solitaire, s'éprend d'un vagabond incarné par le juvénile Gaspard Ulliel.

Enfin, retour à «l'ère moderne» avec tout d'abord Les Temps qui changent, retrouvailles Deneuve-Depardieu sur fond de Maroc contemporain, et surtout le tourbillonnant Les Témoins, hymne à la vie à travers le prisme pourtant très noir des premières «années sida», et témoignage du talent hors normes d'un cinéaste intarissable.

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Marie-France Pisier  (Deauville 2007) posté le lundi 27 août 2007 15:27

Crédit : Gemini Films

Fille d'un gouverneur colonial en Outre-Mer, Marie-France Pisier voit le jour le 10 mai 1944 dans les lointaines contrées indochinoises. Adolescente, elle débarque en France, plus précisément à Nice où elle suit des études de droit et de sciences politiques, tout en s'adonnant au théâtre au sein d'une troupe amateur. Elle est découverte par François Truffaut grâce à une photo qu'elle envoie au casting d'Antoine et Colette, segment que le réalisateur tourne pour le film à sketches L'Amour à vingt ans, segment qui sera aussi la première des aventures sentimentales de son personnage fétiche Antoine Doinel. Marie-France Pisier sera donc Colette, le premier amour de Doinel, qui réapparaîtra seulement dans le dernier épisode, L'amour en fuite, en 1979.

Entre-temps, la jeune actrice gagne ses galons de célébrité montante en tournant coup sur coup dans trois films signés Robert Hossein : La mort d'un tueur, Les yeux cernés et Le vampire de Düsseldorf. Mais, plus que ses rôles chez Alain Robbe-Grillet ou Charles Belmont, c'est la télévision qui lui apporte la popularité avec le feuilleton «Les gens de Mogador».

En 1974, elle sort enfin du carcan de «jeune fille sage» qui la poursuivait un peu en s'orientant délibérément vers le cinéma d'auteur. Premier coup d'éclat : Céline et Julie vont en bateau de Jacques Rivette. Un film auquel elle participe à l'écriture, comme elle le fera trois ans plus tard pour L'amour en fuite. Un an plus tard, elle reçoit le César du Meilleur second rôle féminin pour Souvenirs d'en France d'André Téchiné. Mais c'est une comédie sympathique, quoique a priori anodine, qui la consacre sur la scène internationale : Cousin, cousine de Jean-Charles Tacchella, est un succès considérable (à son échelle) aux Etats-Unis, symbole du raffinement et de l'élégance sentimentale du cinéma français pour nos cousins d'Outre-Atlantique. La comédienne tourne alors quelques films aux Etats-Unis et en Angleterre, dont la grande épopée sentimentale sur fond de Seconde Guerre mondiale The Other Side of Midnight ou, un peu plus tard, Chanel Solitaire. Le succès reste tout relatif.
La France lui est décidément acquise : Elle décroche un Second César du Meilleur second rôle un an plus tard pour Barocco, du fidèle Téchiné, et, en 1978, elle devient, aux côtés d'Isabelle Huppert et d'Isabelle Adjani, une des Sœurs Brontë dans le film... d'André Téchiné.

Après dix ans consacrés au cinéma d'auteur, Marie-France Pisier va gagner les faveurs du grand public en tournant, aux côtés de Jean-Paul Belmondo, dans le trépidant L'as des as de Gérard Oury. Elle est aussi une provocatrice sans scrupule dans le pamphlet précurseur de la télé-réalité Le Prix du danger d'Yves Boisset. La fin des années 80 et le début des années 90 voient pourtant la comédienne se faire nettement plus rare sur les écrans pour une raison simple : elle, l'intellectuelle qui fut marié un temps au grand avocat Georges Kiejman (dont elle a eu un fils), se lance dans une carrière d'écrivain : elle publie deux romans, Je n'ai aimé que vous et Le bal du gouverneur, un ouvrage largement autobiographique qu'elle adaptera elle-même au cinéma en 1990 avec, dans les rôles principaux, Kristin Scott-Thomas, Didier Flamand et Laurent Grévill.

Années 90 en demi-teinte pour la comédienne, qui apparaît dans l'ensoleillé Tous les jours dimanche de son complice Jean-Charles Tacchella, et surtout dans le Marion de Manuel Poirier, dans lequel elle se prend d'affection pour une petite fille vivant dans le village où se trouve sa maison de campagne. Sans oublier le casting prestigieux du Temps retrouvé, évocation de Proust par Raoul Ruiz, qui la fera tourner à nouveau dans le très complexe Combat d'amour en songe.

En 2002, l'actrice décide de retourner derrière la caméra, mais se brûle un peu les ailes dans Comme un avion, dans lequel elle incarne une femme malade qui fait croire à sa fille qu'elle part en voyage. C'est alors qu'une nouvelle génération de cinéastes semble redécouvrir l'actrice au rire et à la voix si particuliers : Laurence Ferreira Barbosa lui confie un rôle dans Ordo, et, surtout, Christophe Honoré et Maïwenn Le Besco en font une mère, aimante pour le premier, possessive et hystérique pour la seconde, dans Dans Paris et Pardonnez-moi. La redécouverte d'un talent étincelant un tantinet négligé est une surprise des plus agréables pour tous les cinéphiles...
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