Un mariage avec pot sur la place du marché, trois types se prenant pour Charlot au volant d'une vieille gimbarde, une tripotée de Harley montées par des casqués germaniques, une averse de pluie, l'excitation est palpable. Partout. Enfin presque. Enfin dans certains endroits. Disons, dans la rue principale et encore pas toute la journée. La 34ième édition peine à ouvrir les yeux. Comme victime d'une gueule de bois.
Au petit matin, - samedi 6 - trois femmes installent leur dépliant côté mer, aux marches du Royal. Au cas où ! En fin de matinée, sur les coups de midi bien carillonné, elles se sont déplacées. Trônent devant la villa Cartier. C'est là que tout se passe en ce deuxième jour festivalier. Et tout, c'est tout. La troupe du film Mamma Mia, tout du moins, la réalisatrice, sa productrice, la scénariste, - trois Dancing Queen dans leur genre - sont là avec les deux chanteurs-compositeurs de Abba. Pour les noms, voir article précédent. Ils enchaînent les interviews et pour les trois fans, hors de question de rater leur sortie.
Mamma Mia, idéal pour danser, donner un peu de soleil à une journée tristounette. En coulisses, Errol Morris. Documentariste confirmé, un oscar dans la poche avec Fog of War, présente S.O.P. : Standard Operating Procedure. Le gars est doué pour dynamiter la polémique, provoquer. Avant ses potes cinéastes, il chatouille la mauvaise conscience américaine, se penche sur les dérapages qui se sont déroulés dans la prison d'Abu Ghraib. Du tonnerre !
Sur la pelouse toute verte, Normandie oblige, du Normandy (il n'y a pas de hasard), un jeune réalisateur, Jonathan Levine - son film Wackness sort le 24 septembre - raconte ses premiers pas dans le cinoche, son voyage de Sardaigne sur les planches avec sa fiancée dans les cales d'un bateau. La vie est rugueuse, pas toujours tendre avec les jeunes. Petites lunettes, voix venant de terminer sa mutation, il évoque un tournage avec un Ben Kinglsey s'éclatant tel un enfant. Complètement azimuté, l'apôtre de la paix le temps d'un Gandhi décoiffe en psy givré refusant de vieillir.
En retrait des planches, d'autres docs défilent. Tous pointent les dérapages du pays de l'Oncle Sam, ses travers, ses outrances. Ils auscultent avec plus ou moins de percussion. Côté tapis red, Hell boy. Guillermo del Toro n'étant pas là, pas plus que Ron Perlman, le film parlera de lui-même. L'écran sera rouge sang, aniém par les forces du mal, celles d'un héros de taille à sauver la planète de sa destruction. Le tout Deauville est attendu pour voir pareil miracle et ce avant de s'en aller faire la java dans la villa Cartier, haut lieu des réjouissances festivalières.
A propos de Carpet rouge. L'ambassadeur américain l'a foulé hier pour la soirée d'ouverture. Venu en voiture, aux bras de sa femme, entouré d'une armée de barraqués ultra musclés, il est passé sans encombre sous les portique de sécurité. Ses gardes du corps itoo, à croire que les responsables avaient débranché les détecteurs de métaux suspects. Sur scène, le maire de la cité Normande, remercie vivement le diplomate yankee, lui précise, non sans un humour à ne pas mettre un susceptible dehors, qu'il ne sera point là l'année prochaine. En tout cas pas dans la même tenue. Changement d'administration oblige, pro-bushien, il devra refiler l'ambassade à un autre.
Hier encore, Carole Bouquet, s'est faite attendre. Plus de 20 minutes de retard. La salle était déjà remplie. Jean-Paul Rouve y était entré. A peine la président du jury assise, les discours expédiés, que l'ex-Robin des bois s'est défilé. C'est cela la célébrité. Il souhaitait se montrer avant de disparaître sans être vue. Le vent était en colère et on le serait à moins. Xavier Couture lui ne brochait pas. Nouveau monsieur cinéma de Orange, il passait son temps à se recoiffer dans l'attente d'une interview en direct sur BFM. Canal + n'est plus partenaire. Changement de décor. Un être manquait pour tout commenter, pour arrêter un cinéaste, un acteur, le faire rigoler. T'es où Didier ?
Dimanche, Samuel L. Jackson est attendu. Lundi c'est au tour de Kevin Spacey. Qui a dit qu'il se Spacey jamais rien à Deauville.
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