Festival de Deauville : Un dimanche à la mer  posté le dimanche 07 septembre 2008 17:53

Les mouettes battent de l'aile, la météo leur fait la tronche. Abba parti, Samuel L. Jackson prend le relais. Deauville enfile son habit de festival. L'acteur suscite bousculades, engouements, demandes d'autographes. Vedette de Lakeview Terrace, ce fan de golf, comédien de renom est là. En chair et en os. C'est le premier.

Neil LaBute, habitué des planches - il y présenta En compagnie des hommes - ne s'est pas contente de le filmer. Il est aussi du voyage. Mais pas bavard le Samuel, juste quelques mots lors de la conférence de presse. Peut-être se réserve-t-il pour l'exercice du tapis rouge. La veille, samedi donc, il a piqué une tête dans la piscine du Royal. Sans doute pour se rafraîchir les idées. Au Journal du Dimanche, il a déclaré,  "le racisme, - c'est le propos du film - est plus que jamais d'actualité aux Etats-Unis en cette période électorale. Je suis démocrate et évidemment je soutiens Obama. Mais il reste beaucoup de personnes indécises qui se demandent si elles veulent être représentées par un Noir". Et de conclure par un "malheureusement, j'ai peur que ce ne soit qu'une utopie et qu'il ne soit pas élu" à vous glacer le sang.

Deauville, troisième jour. Les badauds parlent foot, refont le match, taclent la défense, parient sur l'avenir de Domenech. 15h28. C'est la pagaille devant l'entrée du Normandy. Côté ville, on se disputent pour glaner une signature, un mot. Léa Drucker opère sans rechigner. "Vivement Dimanche", lui crie un homme ! L'humour n'a pas de limites. La jeune femme esquisse un sourire. Son chien, aucun lien de parenté avec celui de l'animateur chéri des Français, ne remue même pas la queue. Léa n'est pas venue pour que le toutou fasse pipi loin de Paris, elle débarque pour participer aux délibérations du jury Révélation présidée par Zoe Cassavetes.

16h 13, une poignée de molosses fendent la foule. Au milieu une dame en imper baisse la tête. La foule massée devant le palace l'appelle, l'apostrophe. Carole lui rétorque qu'elle repassera plus tard, "promis". Une voix s'élève, lui demande comment elle va. La réponse fuse, "très bien merci". Et la présidente du jury chargé de choisir le meilleur film en compétition de filer. Quasiment au même moment, des brassées de fleurs blanches sortent d'une  voiture au bras d'un autre molosse. C'est le bouquet. Comme si le second suivait la première. Bouquet, Carole... Ok ! pas drôle.

Le matin, le fantôme de Roman Polanski traînait sur les planches. Président une année, désormais résident français - il vit à Paris - le cinéaste, palmé, oscarisé, vert Académie Française est la pièce maîtresse du documentaire Roman Polanski : Wanted and desired. Déjà auteur d'un Who is Bernard Tapie, Marina Zenovich remonte le temps, retrace le procès du cinéaste, part des accusations de viol d'une fillette de 13 ans à son départ précipité de l'Amérique avec à la clef la menace d'une arrestation, des mois, voir des années de prison si il y remet les pieds. L'enquête est fouillée, truffée de témoignages. Manque juste celui du réalisateur, du "coupable", mais son ombre est là. L'auteur du Pianiste n'a pas souhaité répondre à la réalisatrice et elle ne s'en plaint pas. Au contraire. Il verra le film. En revanche, sa victime, aujourd'hui âgé de 44 ans, a bien voulu évoqué l'affaire. C'est dément, terrifiant, implacable envers le système judiciaire et certains juges, la presse fouille crottes...

La veille, samedi soir donc. L'on ne se battait pas pour aller voir les nouvelles aventures de HellBoy . Au chapitre des VIP, il n'y a que Claude Lelouch, passé en coup de vent et en voisin. L'homme ne s'habille pas en Nanar. Il y a du culte sur son CV. Juste derrière, Mathieu Kassovitz, décontracté, en baskets et muet. Dans la foulée, Laurent Boyer - si, si - se prenant pour un chauffeur de salle. Puis Frédérique Bell. L'héroïne d'un dents de la nuit manquant de mordant est apparue seule. Les flashs ne crépitent que pour son décoletté. Il est vrai que la robe est  ouverte, accueillante, appelant les objectifs à zoomer. Et ils ne s'en privent pas. Elle est fendue jusqu'au... bas du dos. Dos, Deauville, ville d'eau, comme si c'était travaillé, voulu. Effet réussi. Mais rideau. 

La véritable surprise de la soirée - outre la déculotté des bleus en Autriche - était toute bronzée. Elle a vanté Charles Denner, Belmondo. Le costume était rayé, les dents blanches gaieté. Son nom, Sami Nacéri. Venu à pieds d'un hôtel prisé, c'était sa première apparition en public depuis la montée des marches cannoise avec Indigènes. Après quelques mois passés à l'ombre pour cause de dérapages incontrôlés, le conducteur de Taxi semblait ravi de respirer enfin le grand air. Il a dit avoir plusieurs projets sur le feu. Dimanche, l'oiseau s'était envolé. Direction Paris, comme beaucoup. Kevin Spacey, lui, attend son heure. Ce dingue de théâtre entre en scène lundi pour un Recount annoncé corsé.   

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