Pimpante, robe noire surplombée d'un voile en tulle, épanouie, rayonnante, le sourire toujours éclatant de bonheur, éclaboussant de gaieté, Juliette Binoche a embelli le ciel deauvillois. L'espace d'une soirée, d'un film, d'un Coup de foudre à Rhode Island, la Marie de Abel Ferrara, a mis le festival à ses pieds. Pour elle, Hollywood n'existe pas, c'est un concept, un rêve. Aimant s'amuser, profiter de la vie, elle promène aujourd'hui sa filmographie entre drame et comédie, sera bientôt à l'affiche du prochain Abbas Kiarostami. Ce soir, elle avait envie de rire et de faire rire.
Devant la caméra de Peter Hodges, Steve Carrel n'a pu résister à ses charmes dévastateurs. Il n'a qu'une idée en tête, la conquérir. La piquer à son frère qui se croit épris. Veuf, père de trois pestouilles, celui qui s'est glissé dans la peau de Max la menace - le film a été présenté le week-end précédent - craque pour notre frenchie, notre star. Et comment lui jeter à la face un bouquet de parasols, un baquet de sable, un cornet de pierres, une caisse de crevettes ? Comment lui balancer une nuée de reproches ? Impossible. Juliette est un amour.
Interrogée sur le tapis rouge sur de possibles conquêtes masculines convoitées par les deux Binoche, Juliette et sa soeur, l'actrice n'a pas caché que l'affaire s'est présentée. Une fois ! Pas une ne voulant baisser pavillon, céder sa place, elles firent ensemble un heureux. Pareil aveu fut distiller sans sourciller tout en précisant que la dite soeur était dans les parages. Et de partir dans un grand éclat de rires dont la comédienne a le secret.
Vendredi 12 septembre. Deauville tire à sa fin. Le matin, Bouquet et ses boys and girls, ont découvert American Son. Annoncé comme une approche différente de la guerre en Irak par le producteur, il s'est révélé, l'heure et deme de projection passée qu'il en était rien. Filmées par Neil Abramson, les dernières 96 heures dans sa ville natale, au sein de sa famille, de ses amis, d'un jeune GI partant au front et refusant de le dire se perdent dans le déjà vu, l'attendu, le conventionnel. Rien de nouveau sur le front.
En revanche The Visitor a touché en plein coeur Edouard Baer - le chouchou du public, le roi au hit parade des applaudissements - et ses acolytes du jury. Centré sur l'immigration, relatant la possible expulsion d'un sans papier syrien épris d'une sénégalaise, narrant la rencontre fortuite du couple avec un prof à côté de la vie ayant balancé toutes ses envies, le film de Tom McCarthy a frappé juste, ému. Le propos sonne juste, les acteurs ne commettent aucune fausse note, tout est rythmé par la trame d'un récit a vous faire froid dans le dos. Auteur d'un Station Agent déjà surprenant, le jeune cinéaste récidive avec encore plus de force. Il fait partie des favoris pour le grand prix. Au même titre que Gardens of The Night et Sunshine Cleaning. En attendant Towelhead (Bougnoule en français).
Allez encore deux jours et l'affaire est pliée. Et demain Ed Harris dégaîne avec le soutien de Viggo Mortensen. Un sacré duo. Du gros calibre. Et dire que Lundi de Niro et Pacino sont à Paris.
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