Crédit : TCD
Alors qu'il grandit dans les environs de
Villefranche-sur-Saône (il y est né le 25 septembre
1972), au milieu d'une famille d'ouvriers soudée, Gaël
Morel se démarque par son inextinguible passion pour le
cinéma, fasciné par Catherine Deneuve et fanatique du
cinéma d'André Téchiné. Au cours d'une
rétrospective consacré à celui-ci, à
Lyon, l'adolescent parvient à rencontrer le
réalisateur, avec lequel il va entamer une correspondance.
Mais c'est dans son coin et avec ses propres moyens que Gaël
Morel va tourner alors son premier court métrage en
vidéo, avec Gérald Thomassin (le héros du
Petit Criminel de Jacques Doillon) dans le
rôle principal. Son second court, plus abouti, La Vie
à rebours, met en vedette un certain
Stéphane Rideau, recontré au cours d'un casting
organisé par André
Téchiné.
Car ce dernier, en préproduction des
Roseaux sauvages, a proposé à
Gaël Morel de passer devant la caméra et de tenir l'un
des rôles principaux du film, chronique adolescente sur fond
de Guerre d'Algérie. Il y incarne François,
adolescent mal dans sa peau, pris en étau entre les
tourments lointains de la guerre et l'acceptation de son
homosexualité. Devenu comédien un peu malgré
lui, Morel acceptera, un an plus tard de jouer un étudiant
brimé par ses pairs dans Le plus bel
âge... de Didier Haudepin. Mais la mise en
scène le taraude, et il tourne son premier film à
l'âge record de 24 ans : A toute
vitesse tisse les histoires d'amour
croisées de quatre adolescents, dans la fièvre des
premiers émois amoureux et artistiques. On y retrouve encore
Stéphane Rideau, mais aussi Elodie Bouchez, qui avait
tourné dans Les roseaux sauvages.
Après «Premières neiges», un téléfilm réalisé pour Arte, Morel part tourner Les Chemins de l'Oued en Algérie. Un film qui lui permet d'allier ses thèmes favoris : le malaise identitaire, les rapports de classe, le déracinement. Le succès n'est pas exactement au rendez-vous, mais Le Clan, un récit éclaté, magnifiquement mis en scène, sur le destin brisé de trois frères, devient un incontournable des festivals dans le monde entier. Un peu marginalisé par ses partis pris sensualistes (il est très attaché au corps masculin), Gaël Morel effectue un revirement avec Après lui, récit du deuil impossible d'une mère qui reporte l'affection pour son fils décédé sur le meilleur ami de celui-ci, pourtant responsable de l'accident. Avec Catherine Deneuve, son idole, dans le rôle de la mère, la boucle d'une vie passionnée et dévouée pour le cinéma est bouclée.
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