Deauville 4 : Deauville classe…  (Deauville 2007) posté le lundi 03 septembre 2007 16:52

Des chevaux, des cheveux, un Clooney, des clonés, la seule ville au monde où on peut croiser un réalisateur qui fait restau-basket dans un palace et une attaché de presse qui vous fait un café, c’est Deauville et c’est le quatrième jour du Festival.

Y va arrêter de me toucher la cravate le monsieur aux cheveux blancs, là. OK, j’aurai peut-être pas dû oser la cravate violette pour l’un des plus gros tapis rouge de la semaine avec ministre, maire, jurés, présidents des jurés et mégastar de la mort qui tue, mais c’est pas une raison pour vous foutre de ma gueule, Mr. George. Je sais bien que vous êtes le type le plus sympa d’Hollywood, un acteur d’enfer, un réal costaud, que les filles vous adore (presque) plus que moi et que vous êtes tellement classe que vous avez signé des autographes à tous les 267209424012937505 fans qui vous attendaient depuis 9 h du mat' mais c’est pas une raison pour toucher ma cravate et essayer de me la piquer.
Ce soir, pour Brad Pitt, je m’la joue nœud pap, je serai bien plus tranquille…

 

Didier Allouch

 

 

lien permanent

Clooney entre en piste  (Deauville 2007) posté le dimanche 02 septembre 2007 22:01

 

Samedi tire à sa fin. Villa Cartier haut lieu des réjouissances festivalières. Le personnel est sur le pont. Trois cents invités triés sur le volet passent de salle en salle. Coupes de champagne et macarons à la fraise se disputent les faveurs du petit monde du ciné. Assis sur des poufs colorés, au coeur de décors branchouilles, la famille de En Cloque, mode d'emploi, Judd Apatow, son épouse et le copain Seth Rogen. Le trio sirote, coince la bulle. La fête n'est pas donnée en leur intention, elle pétille en l'honneur de l'équipe de La Vengeance dans la peau. Mais vous avez beau circuler, slalomer entre belles filles et grands gaillards, point de Damon à se mettre dans les mirettes. Matt trinque à deux pas de là. De l'autre côté de la route. Matt trône au bar du Royal en compagnie de son pote Clooney. Ils y resteront, dixit la rumeur, jusqu'à 4 heures du matin. 

Avant de s'en aller se coucher, le Matt serait passé par la réception afin de demander un réveil avec petit déjeuner à 7 h 30 pour son ami George. Sympa ! Les blagues de cet acabit, les braqueurs de casinos n'ont pas arrêté de s'en faire durant les tournages des péripéties d'Ocean et de sa bande de joyeux drilles. Celle-là, c'est de la pécadille.

Quoi qu'il en soit, sur les coups de 8 h en ce dimanche 2, l'acteur séducteur est sur le pont. Sa journée sera chargée. Interviews débitées à la chaîne, une légère pause déjeuner, une conférence de presse et hop une projection officielle. Arrivé de Venise la veille Clooney a fait monter la température. Il suffit de traîner dans les couloirs menant aux chambres réservées pour ses entretiens pour s'en rendre compte. La gent féminine y est dans tous ses états. L'idée de croiser le regard du tombeur de ces dames les pame d'aise, les comble. L'excitation parfume l'atmosphère. Une journaliste tellement subjuguée menace mène de se déguiser afin de revenir lui tendre son micro. 

Les agapes du repas dominical avalées, le thermomètre grimpe encore. L'abord de la tente réservée à la conférence de presse ressemble à un bocal de confiture pris d'assaut par un essaim d'abeilles affamées. Ca grouille de partout. Chacun se colle aux vitres en plastique pour mieux emprisonner le portrait de la star. Sur les coups de 14 h 33, l'ambiance monte de dix crans - pourquoi dix ? parce que - cris, bousculades, CRS musclés, l'hystérie gagne du terrain. On se croirait à Cannes. Et puis The Man arrive. Costard noir, sourire ensorcelleur en guise de signature, la barbe naissante poivre et sel. Première question. Première réponse. Assez pour apprendre qu'il n'entend pas briguer un poste de politique dans son pays, préfère l'écran pour communiquer ses idées, s'engager. La traductrice essaie de se faire le relai entre une salle bondée et un invité entouré de toute l'équipe de Michael Clayton, le réalisateur Tony Gilroy - scénariste des trois Bourne - et Tilda Swinton en tête. Elle peine, perd en chemin des mots, ampute les propos, diluant l'échange tant attendu dans les eaux de l'insipide. Ou presque. En l'espace d'une demi-heure le public apprend néanmoins que le beau George se réjouit de l'état d'esprit d'un certain cinéma retrouvant l'ardeur, la flamme, la virulence, le chemin de la contestation propres à celui en vigueur dans les années 70. Un cinéma qui remplace le champ de la dénonciation, de l'investigation, de la révélation déserté par la télévision. Mais le show attendu n'a pas eu lieu. 

 

Quelques minutes plus tôt, la belle... ucci, elle ne s'était pas privée pour embraser la salle, pour épingler la violence au cinéma, alpaguer l'indifférence. Dans sa robe bleu-mauve, l'Italienne présente pour défendre Shoot'em Up de Michael Davis a emballé son auditoire. Comme pour Clooney, pas une seule chaise n'était disponible alors qu'on ne se battait pas sur les coups de 16 h pour échanger des idées avec l'équipe de En Cloque mode d'emploi. Comme si tout le monde s'en était allé se faire une beaué pour assister à la projection officielle, en présence du maire, des frasques d'un Clooney tiraillé par sa conscience en avocat mêlé aux agissements honteux d'une grosse société.

 

Lundi matin, c'est un autre gros calibre que les festivaliers vont pouvoir cibler dans le viseur de leurs appareils photo. Brad Pitt. Jamais passé par Deauville la star doit y attérir en début d'après-midi avec femme, enfants et nounous en provenance de Venise. Le complice de Matt et George arrive avec dans ses valises The Assassination of Jesse James by the Coward Robert Ford. Du lourd. Place aussi à la compétition. André Téchiné et ses jurés vont enfin commencer à travailler. Il est temps. Allez zou !  

 

Gwen Douguet 

lien permanent

Deauville 3 : Deauvill... oie  (Deauville 2007) posté le dimanche 02 septembre 2007 10:22

Un réalisateur rasé, un réalisateur barbu, un réalisateur perruqué, un réalisateur bourré, la seule ville au monde où l'on peut croiser dans la même journée des break-dancers qui tournent en rond et son patron pas bien rond, c’est Deauville et c’est le troisième jour du Festival…

Quelle différence y a-t-il entre Matt Damon et Monica Bellucci ? Le talent, la classe, la carrière, certes, mais surtout, selon la dame italienne, la langue.  Il est parfois des moments sur tapis rouge comment dire… délicats. La belle italienne était donc sur le tapis hier soir pour présenter Shoot’em up (précédée par l’imbécile qui a réalisé ce truc… Oh merde, j’avais promis au boss de ne pas me lâcher, ooops !). À la question, je l’avoue, pas fondamentale mais en même temps, il était tard et j’avais faim (après je me suis fait un bon morceau de viande et un plateau de fromage au Normandie. Le Livarot était délicieux, et oui, ami artiste, vous pouvez venir me parler sur le tapis, je me suis lavé les dents au karcher et j’ai avalé un kilo de Tic Tac depuis, ça devrait le faire…) : « Vous qui tournez des deux côtés de l’Atlantique, y a-t-il vraiment une différence ? ».  Elle m’a répondu avec un accent glamoureux à souhait, un historique : « Ben, la langue… ». Ben oui.

Voilà, Didier, ça t’apprendra à poser des questions à la con. Promis, je fais mieux ce soir avec Georgeot…
Dider Allouch

lien permanent

Les potaches sont de sortie  (Deauville 2007) posté le samedi 01 septembre 2007 17:42

Midi vient de sonner au clôcher de l'église. Deauville sourit, le soleil est de la partie. La foule commence à affluer. Rieuse. L'heure est grave. Que manger ? Une sole cuite au four enveloppée d'herbes fraîches, shiitake et frécinette verte avec son jus de veau transparent au soja pour 46 euros, un pigeon étouffé de Racan avec une tranche de fois gras entre les suprêmes en farce fine nappé de jus à la presse et sauce choco/café avec oignons nouveaux et légumes parfumés aux agrumes moyennant une somme avoisinnante, le dilemne est grand, d'autant que ni le vin, ni le déssert ne sont encore entrés dans la danse. Un zeste de réflexion et ce sera un sandwich au Pont Lévêque, région oblige.
La dernière bouchée avalée, il est temps d'accoucher d'une nouvelle rencontre. Celle avec le trio de En Cloque mode d'emploi, Judd Apatow, sa femme Leslie Mann et son pote canadien légèrement enveloppé Seth Rogen. Ils sont là, presque au garde à vous, prêts à s'amuser, rigoler, surtout le Seth.  Doté d'un rire caverneux insensé capable de réveiller un bataillon de légionnaires après une marche forcée, il ne peut passer une journée sans se bidonner au moins huit heures. Il y a un an, les mêmes étaient à Deauville pour parler de 40 Ans, toujours puceau. 
En ce premier jour de septembre, ils nous livrent leur dernière potacherie, leur pignolade cinématographique. Une comédie qui s'est permis de flanquer une raclée à certains gros bras de l'été américain. Le thème, un paumé en quête de boulot qui, après une soirée arrosée s'est laissée embarquer par une blonde incandescente pour une nuit de folie. Lui n'est pas terrible, elle a tout d'une bombe. Au petit matin chacun dans son coin. L'idéal. Si ce n'est que la belle jeune femme, non contente d'avoir dérapé en flirtant avec un loser se retrouve enceinte. Mama mia. 
Le délire passé, Clooney est annoncé sur le tarmac deauvillois. Monica Bellucci est déjà là. Le dimanche se présente sous les meilleurs auspices.
 
Gwen Douguet 
 
lien permanent

Damon planche  (Deauville 2007) posté le samedi 01 septembre 2007 17:37

Samedi matin, hall du Royal, pas un bruit. Un journaliste ingurgite son café en lâchant de gros "slup". Il opère dans un grand quotidien. Paul-Loup Sulitzer machouille. Un photographe en quête de reconnaissance se faufile entre les fauteuils matelassés. Les lustres vieillots veillent. L'aspirateur avale les miettes d'une nuit sans problème. Jean-Claude Dauphin, flingué net dès l'ouverture du Deuxième Souffle, rêve qu'il est devenu une star. Le chroniqueur d'Europe 1 prépare son journal de 13 h, tente de vendre un sujet Monica Bellucci. Le ciel normand tarde à se réveiller. Sur les écrans, l'heure est aux grosses machines. Paul Greengrass associé à Matt Damon d'un côté face au trio de En Cloque mode d'emploi, de l'autre. Au milieu des pingouins qui se bidonnent en dessin animé.

11 h 03, rencontre avec le réalisateur de La Vengeance dans la peau. Le cheveu de l'anglais est long, les lunettes pas franchement drôles. Sa voix est lourde, comme une rafale de mitrailleuse. Paul est en forme, heureux du succès dégoté. A la question, pourquoi n'est-il pas devenu agent secret, lui qui approcha le MI5, qui adore les mondes de l'espionnage ? La réponse fuse, sans appel : "Parce que je peux cotoyer ce monde obscur autremnent mieux au cinéma."  Dans le couloir, ça piaffe, les journalistes attendent.  

Sur le plateau Paul s'est entendu comme larron en foire avec Matt. Il n'a jamais oublié le jour de leur première rencontre lorsque l'acteur règla la note d'un dîner pour le moins copieux alors que le réalisateur n'était encore pas très fortuné. L'a-t-il remboursé depuis ? Paul hésite, sourit. Rétorque que non, un peu gêné. 

En ce 1er septembre, son film fait l'événement deauvillois. Dans la salle d'à côté Matt répond, encore et encore, aux mêmes questions. Pas facile la vie d'acteur de haut vol. Il est midi, l'heure d'aller siroter un coca galcé au bar du Soleil, là où le soleil assomme les crevettes décongelées.

 

Gwen Douguet 

 

 

 

lien permanent