Temps mort. Très léger. Coupure de courant. Minime. Les premières voitures officielles font roucouler leur moteur bien huilé devant l'hôtel Royal, temple des stars. Une poignée d'autochtones en mal d'autographes - un an c'est long - se presse sur une brochette de barrières. A quelques encâblures de là, on s'affaire, les bobines tournent à fond dans la salle de montage. Warner, UIP, tous les grands studios sont sur le pont. 18 h 30, première conférence de presse. Michael Douglas monte au front. Le sourire est blanc, le costard impeccable, la peau bronzée. L'homme semble requinqué, heureux ! Deauville il adore. Voilà neuf ans, presque jour pour jour, il débarquait pour défendre Meurtre parfait. Catherine Zeta-Jones n'était pas loin. Subjugué par sa prestation dans le masque de Zorro, le Michael n'avait alors qu'une idée en tête : l'inviter à trinquer à la santé du ciné. Deux ans plus tard, le couple s'est passé la bague aux doigts, deux enfants sont nés. Le bonheur complet. Michael en sourit encore.
Un peu de détente avec des larmes. Celles versées à l'évocation de son père, Kirk. Un monument. Il aura 91 ans en décembre. Depuis son terrible accident d'hélicoptère survenu alors qu'il n'avait que 70 ans, l'homme aux rôles en or "mène le troisième acte de sa vie de manière exemplaire, il est formidable", explique le rejeton avec un brin de fierté nichée à la commissures des lèvres.
Trente minutes durant, Michael Douglas va évoquer quelques parcelles de sa carrière, disserter sur la différence qu'il y a entre l'acteur "égoïste, dont seule la performance compte" et le producteur "amené à fréquenter des endroits n'étant pas toujours de tout repos." A la question : quels sont ses films préférés, il répond dans hésiter avoir une grande affection pour Black Rain et Wonder Boys, quant à ses oeuvres chéries, elles ont pour titre Alexander Nevski, 2002 et La Vie passionnée de Vinvent Van Gogh, of course, son paternel y tient le pinceau et la vedette.
Avant que de filer enfiler son smoking ou ce qui lui ressemble pour la soirée d'ouverture, Michael ne peut s'emêcher de rendre hommage à sa mère. "Elle aime son métier, joue encore au théâtre, à bientôt 86 ans" et peu importe si le succès a sonné aux portes des hommes de la maison. "Je conserve l'enthousiasme qu'elle m'a donné". Mieux sa progéniture le porte en étendard.
Dans l'ombre, à l'abri des flashs, la bande de En Cloque, et Matt Damon et Paul Greengrasse piétinent d'impatience. Ce samedi 1er septembre leur est réservé. La fête ne fait que commencer.
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