Clooney épinglé par notre ministre de la Culture, pfft envolé, Damon s'étant défilé, Monica ayant regagné ses pénates, les parigots partis, rentrée scolaire oblige, la cité normande avait des allures de bourgade assoupie en ce lundi festivalier. Comme si les ruelles avaient été lavées par les balayeuses fatiguées d'un septième art s'étant dévergondé. 11 h 30 calme plat dans le hall du Normandie. Il faudra attendre le début d'après-midi pour voir un poil d'effervescence se dresser. C'est à chaque fois pareil. Le week-end et ses excitations passées, le jury sort endormi de ses chambres ouatées. Et cette année, pas de quoi se gondoler avec un Téchiné déguisé en président. Chacun sa croix. La compétition reprend ses droits. Les "petits" films estampillés indépendants peuvent montrer les crocs, s'ils en ont.
Mais avant que le premier ne sorte du bois, les festivaliers ont vu Brad Pitt dégainer. En selle dans les fringues d'un hors-la-loi dégommant à tout va (17 cadavres, 20 braquages de banque) le blond made in Hollywood a mis dans le mille. Héros du dément Assassination of Jessie James by the Coward Robert Ford (coward voulant dire lâche) mis en images par un Dominik Andrew pas du tout cavalier mais hautement inspiré, la star a fait mouche. Epaulé, il est vrai, par une bande de gueules à ne pas mettre un indien dehors et un Casey Affleck à se damner. A ce propos, si Deauville décernait un prix du meilleur acteur, le frangibus du Marvellous Ben l'emporterait haut la main.
Le trio est arrivé en jet, pourquoi se priver. En direct de Venise. Comme tout le monde. Brad et sa petite famille, un peu après les autres. Une smala qui a déclenché un branle bas de combat aux abords du Royal avec, planqués derrière les buissons au cas où, les CRS gros bras prêts à bondir.... Bref la totale côté sécurité. Mais comment faire autrement quand en l'espace de trois jours, trois des quasi plus grandes stars of the world décident de passer la nuit à quelques oreillers de la Manche. Toujours est-il que sur le tapis rouge, c'était, ce soir encore, feux d'artifice et cotillons.
Ah Deauville. Loin de son défilé de vedettes, l'envoyé de Libé a trouvé le moyen de se gaver de documentaires pas aussi épicés que les années passées, de les harponner le cas échéant, sans se priver de flanquer une bonne droite à ce malade de Michael Moore. Le Parisien complètement libéré, plus prompt à traîner dans les cuisines a déniché l'endroit où se sustentèrent nos stars et enquêta sur ce qu'elles avaient ingurgité. Sacré A... !
A notre petit niveau, en quittant Casey, Brad et Andrew, nous apprîmes par une femme de chambre ayant rendu son tablier que le Cloocloo avait laissé deux photos sur sa table de nuit, que Matt avait donné à l'un des garçons d'étage son badge de la soirée de samedi, que les Pitt s'étaient installés dans plusieurs chambres, le temps de reprendre des forces avant de s'envoler vers les Usa, avant la tombée de la nuit. Elle est pas belle la vie des festivaliers. Et dire que ce mardi nous devions voir de Palma mais le barbu ne viendra pas. Il a remis sa visite à plus tard.
Allez zou !
Gwen Douguet
.
Commentaires